L’histoire de la trottinette freestyle

Apparue au cours du XIXème siècle, la trottinette était à l’origine un jouet pour les enfants issus de familles aisées. C’est seulement au cours des années 1920 qu’elle est brevetée. Son nom vient du mot « trottin », qui désignait une employée chargée d’aller faire les courses en ville. Même si elle est – en partie – à l’origine du skateboard, elle a mis beaucoup plus de temps à se faire une place parmi les disciplines freestyle.

Années 1950 : de jouet à moyen de locomotion

La trottinette évolue en s’équipant d’une pédale qui permet de faire tourner sa roue arrière. On peut ainsi rester plus longtemps dessus sans avoir besoin de reprendre de l’élan ! Cette nouveauté donne à la trottinette le statut d’un véritable moyen de locomotion.  De l’autre côté de l’Atlantique, certaines trottinettes se retrouvent privées de guidon pour donner naissance à des skateboards rudimentaires.

1960-1990 : des dizaines d’années dans l’oubli

Avec la démocratisation de la voiture, la trottinette est perçue comme un moyen de transport peu sécurisant. Elle se raréfie aussi bien en Europe qu’en Amérique du Nord, où la pratique du skateboard se développe lentement, mais sûrement. C’est seulement en 1996 qu’elle sort des oubliettes, avec l’invention de la première trottinette pliable. Ce modèle, connu sous le nom de Razor, est produit par la marque suisse Micro Mobility.

Plus modernes, légères et maniables, les nouvelles trottinettes rencontrent un franc succès chez les jeunes comme chez les adultes.

dcbs trottinette scooter

Début des années 2000 : apparition du freestyle

Dans la foulée de sa renaissance, la trottinette voit ses pratiques se diversifier. Les moteurs apparaissent pour ceux qui cherchent avant tout un moyen de locomotion et les premiers riders se mettent à utiliser la trottinette pour faire du freestyle. Cette nouvelle pratique tombe sous le sens : la trottinette est une planche à roulettes équipée d’un guidon, elle s’inspire aussi bien du BMX que du skateboard.

Les trottinettes utilisées pour le freestyle sont différentes des modèles pliables inventés par Micro Mobility. Leur conception plus robuste que celle des trottinettes classiques leur permet de supporter efficacement les nombreux sauts et figures. Le guidon est également renforcé afin que les riders encaissent mieux les chocs et les vibrations.

Grâce à ces engins améliorés, la discipline peut véritablement prendre son envol. Si la trottinette freestyle (ou le scooter, en anglais) se développe largement aux États-Unis et en Australie, c’est une ville européenne qui va véritablement l’instituer.

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Le Montreux Scooter Contest

Située en Suisse, la ville de Montreux est perçue pour beaucoup de riders comme la capitale de la trottinette freestyle. Son gigantesque skatepark, baptisé Empire Skate Building (ESB), a été le premier en Europe à accueillir des « trottiriders ». C’est aussi à Montreux que la première rencontre pensée spécialement pour la trottinette freestyle a eu lieu, en 2005. Son créateur, Eric Rabl, a été l’un des promoteurs de la discipline. Premier rider à enchaîner les tricks à l’ESB, il a rapidement souhaité organiser un contest pour rassembler les meilleurs pratiquants.

Depuis, la rencontre est organisée chaque année au printemps, sur une durée de deux jours. Elle propose aux riders plusieurs concours, parmi lesquels le street contest et le half-pipe contest. Le Montreux Scooter Contest connaît un succès croissant, et ce sont désormais plusieurs centaines de participants qui font régulièrement la démonstration de leur talent.

Championnats du monde et intégration au FISE

Le premier mondial de la trottinette, qui a lieu en 2012 à Liverpool, est remporté par l’Américain Dakota Schuetz. Ce rider, qui est le premier à avoir réussi un 1080 (un saut de trois tours complets), maîtrise la bagatelle de 40 tricks ! C’est peut-être pour ça qu’il est surnommé « la machine »… Parmi les autres grands champions de la discipline, on compte l’Australien Ryan Williams, qui remporte le titre en 2013, et les Anglais Dante Hutchinson et Jordan Clark. Trois fois champion du monde en 2015, 2016 et 2018, ce dernier est le rider le plus titré.

fise dcbs scooter trottinette

En 2013, le Festival International des Sports Extrêmes (FISE), organisé à Montpellier, ouvre ses portes à la trottinette freestyle. Le but : attirer les champions émergents mais aussi reconnaître une discipline qui conquiert de plus en plus les jeunes. Depuis 2010, les trottinettes prennent une place grandissante dans les skateparks. Effet de mode ? Peut-être, mais l’accessibilité et la simplicité de l’engin y sont aussi pour quelque chose. Si la réalisation de tricks demande de l’entraînement et une grande rigueur, la trottinette demeure plus facile d’accès que le skateboard, au moins pour la maîtrise des bases.

En France, d’autres événements dédiés à la discipline ont peu à peu renforcé la présence de la trottinette freestyle, comme le contest du skatepark de Gerland, qui se déroule chaque année à Lyon. Trottirama, une rencontre organisée à Nantes depuis 2016, rassemble également les meilleurs riders de l’Hexagone. Ils apprécient particulièrement le Hangar, nom de skatepark fermé qui accueille l’évènement.

De multiples terrains de jeu

A l’image du skateboard, la trottinette freestyle peut se pratiquer sur différents terrains :

  • Park : les riders sont nombreux à opter pour les équipements offerts par les skateparks comme les box, les rampes ou les rails. Les figures sont largement inspirées de celles du BMX même si des mouvements propres à la trottinette sont peu à peu apparus.
  • Flatland : parkings, routes ou terrains de basket permettent aux riders de réaliser des enchaînements de figures.
  • Street : même si cette pratique est plus rare, certains riders privilégient les éléments urbains comme les marches, les gaps, les ledges ou les plans inclinés.

Son histoire relativement courte n’empêche pas la trottinette freestyle d’avoir une place à part entière à côté des autres disciplines plébiscitées par les riders. Tout pousse à croire que l’engouement va continuer. La création de plusieurs contests devrait limiter l’effet générationnel qui avait freiné le développement du skateboard dans la première moitié des années 60.

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